🦊 Fiche renard
​(Ré)apprendre à aimer le renard : petit tour de vérités 🦊​
Le saviez-vous ? Son nom d'origine était goupil et Renard était autrefois, avant l'époque médiévale, un prénom !

Photo : Dusan Veverkolog
Renard roux qui es-tu?
Commençons par la carte d'identité du renard roux, de son nom latin et scientifique Vulpes Vulpes :
TĂŞte et corps : 58 Ă 90 cm
Queue : 32 Ă 49 cm
Poids : 5 Ă 7 kg
Longévité : 2 à 6 ans
Pelage caractéristique :
Communément appelé "renard roux", son pelage peut avoir en réalité de nombreuses variations de couleurs selon les individus ou même le secteur géographique. Le pelage est très fourni (gloire à sa fourrure dans la mode vestimentaire...) et encore plus dense en hiver. Au printemps, ne le pensez pas malade en voyant son air miteux : il quitte simplement son manteau d'hiver pour se préparer aux jours plus chauds ! Ses poils tombent alors par plaques.
Sens :
Une vue perçante (son œil amplifie la lumière), une ouïe 3 fois plus performante que la nôtre et 22 fois pour son odorat. Ce qui lui permet notamment de trouver de la nourriture sous la neige en hiver.
Reproduction :
La maturité sexuelle est acquise vers 10-12 mois et la reproduction a lieu, la plupart du temps, en fin d'hiver.
Après une gestation de 51 à 53 jours, les renardeaux aux oreilles tombantes et pelages gris naissent aveugles et le restent durant une quinzaine de jours. Leur allaitement dure 1 mois et dès la 3e semaine, la mère leur régurgite de la nourriture. Le mâle et la femelle apportent de petites proies au bout d'1 mois et demi environ. Puis, petit à petit, les renardeaux apprennent à maîtriser les petits animaux apportés vivants.​
Ils passent du temps hors du terrier dès 2 mois et se réfugient à l'intérieur au moindre danger signalé par la mère. Revêtant leur pelage roux au début de l’été, ils apprennent à chasser avec leur mère pour être indépendants vers l’âge de 4 mois. Malgré cela, ils resteront en famille jusqu’à l’automne.
Un des supers pouvoirs du renard pour assurer la survie de l'espèce est l'autorégulation. Il va adapter sa reproduction aux nombres de proies disponibles sur son territoire (de 0 à 8 renardeaux). Alors peu importe le nombre de renards, il n'y en aura jamais trop !
Comportement :
Pas forcément nocturne, il profite surtout de la nuit pour éviter les persécutions grandement liées à l'activité humaine (trafic routier, chasse,...). Surtout lorsqu'il y a des petits à nourrir, ils sont actifs de jour comme de nuit.
Opportuniste, il préfère utiliser les terriers désertés, ou parfois même presque cohabiter, que de creuser lui-même. Autant profiter de la grande force des pattes du blaireau ou du lapin de Garenne par exemple !
Généralement il s'aménage 3 résidences : le terrier d’habitation avec plusieurs "chambres" (fosse pour les réserves de nourriture, donjon pour le repos, maire pour la zone d'observation avant la sortie), le terrier refuge (trou peu aménagé et bien dissimulé, fréquenté occasionnellement et seulement en cas de danger) et le terrier de mise bas des femelles (situé dans un endroit reculé).
Sur son territoire, il vit en solitaire ou en petit groupe.
Alimentation :
Peu de prédations sur le gibier ! En réalité sur ce point, il profitera surtout des oiseaux issus d'élevage, faciles à attraper car inadaptés à la vie en milieu naturel, ou généralement des victimes de la route.
Son régime alimentaire est principalement constitué de rongeurs ​​ (des milliers pour un couple sur une année). C'est donc un précieux allié des agriculteurs et de ce fait pour la diversité de nos assiettes ! Il contribuerait ainsi à éviter l’utilisation de produits toxiques coûteux et néfastes à l’environnement.
Des petits fruits (pour les vitamines ;) ) - et lĂ encore nous pouvons le remercier de disperser des graines - et enfin des insectes ou encore des batraciens.
Il est vrai qu'il peut s'attaquer aux poules mais il est tout à fait possible d'éviter les dégâts avec un poulailler bien sécurisé et fermé tous les soirs.
Il a tendance Ă chasser en premier lieu les proies les plus faciles ou les plus abondantes.
Ses prédateurs :
Le lynx, le loup et... L'Homme.
Espèce chassable, le renard peut être tué en nombre illimité (permis de chasse obligatoire et en période de chasse). Selon la LPO, plus d’un demi-million de renards sont abattus en France chaque année. Et toutes les formes de chasse sont pratiquées : tir, piégeage, chasse à courre, battues administratives et vénerie sous terre (déterrage).
Sans oublier les empoisonnements directs et indirects auxquels il est exposé (ex. Utilisation de souricides et raticides).

Photo : Ray Hennessy
Des raisons de l'aimer et de le défendre
Autrefois accusé de propager la Rage, aujourd'hui cette maladie virale a heureusement disparu de nos campagnes. Il peut être porteur de la Gale sarcoptique mais elle n'est pas transmissible aux humains.
Oui mais l’Echinococcose alvéolaire alors ? Il peut être porteur c'est vrai. Autant que les chiens et les chats peuvent l'être d'ailleurs. Et cette maladie est transmissible à travers leurs excréments. Alors prudence lors des récoltes et cueillettes en dessous de la hauteur de fesses de canidés ! Des précautions simples sont à prendre, comme par exemple, bien laver et/ou cuire légumes, fruits, baies et plantes et se laver les mains après contact avec la terre.
Contrairement à ce que l'on entend trop souvent, il joue un rôle positif pour la santé publique.
En effet, charognard sur les bords, il limite les risques épidémiques puisqu'il participe à l’élimination des animaux malades et des cadavres. ​🦠​
A titre d'exemple, des études scientifiques démontrent que la renard, tout comme la martre, le putois ou le blaireau, limitent la propagation des maladies transmises par les tiques, très présentes sur leurs proies (campagnols, mulots, écureuils, etc.). C'est le cas notamment de la maladie de Lyme.
Sans oublier l'impact positif sur l'agriculture​ et la diversité des aliments présents dans nos assiettes 🥗​ cité plus haut.
Le véritable risque aujourd'hui, en continuant de le décimer, est de laisser la place vide car en effet celle-ci pourrait être très vite occupée par d'autres individus venus de loin qui augmenteraient la dispersion des pathogènes, accentuant alors vraiment les risques sanitaires. Ou bien encore, questionnons l'équilibre de nos écosystèmes. Et si la place venait à être prise par une autre espèce ? Invasive par exemple et inconnue de nos contrées donc inadaptée ?
Injustement accusé de nuire aux activités économiques et de constituer un risque sanitaire, vous l'aurez compris, le célèbre goupil est donc rusé, oui, mais pas nuisible pour l'Homme.
Il est temps de mesurer l'importance de sa présence pour le Vivant et donc pour nos vies humaines aussi !
Sources : La Salamandre, Museum National d'Histoire Naturelle, la Ligue de Protection des Oiseaux